7. Du mandat à obtenir pour enquêter sur les criminels et leurs crimes

On peut distinguer les preuves d’un délit en preuves parfaites et en preuves imparfaites. Les preuves parfaites sont celles qui démontrent positivement qu’il est impossible que l’accusé soit innocent.
(Beccaria, p.61)

Une enquête policière débute souvent par une information transmise aux forces de l’ordre. Cette information parle d’un crime commis, se commettant ou en voie de l’être ; il s’agit donc de vérifier cette information. Si elle est véridique, par le degré de sérieux qu’elle revêt, d’autres informations sont à obtenir. Si ces dernières existent, les forces de l’ordre, lors de leur création en corps policier ont déjà ce mandat de prévenir le danger illégal contre l’ordre social, la communauté et l’État ; c’est donc leur raison d’être, car quel pourrait être le mandat de forces de l’ordre si ce n’est d’enquêter par la prévention. Celui qui conçoit et signe un Contrat Social où les forces de l’ordre ne doivent qu’être réactives, soit d’agir après le crime, et jamais pouvoir ne chercher à le prévenir, celui-ci signe en effet sa propre mort en attachant les mains de ces gens dévoués à sa protection.

Puisqu’il est question de crimes, donc de ces activités interdites par la loi ─et cela pour plusieurs raisons valables─, il y a matière à prévenir les dangers à venir, soit à l’encontre de la récidive, soit de ces nouveaux crimes, où les uns comme les autres peuvent découler d’autres actes criminels.

Le citoyen ne commettant rien d’illégal et ne préparant rien d’illégal n’a donc rien à craindre ni à cacher quoique ce soit à la loi. Donc, que la loi effectue sporadiquement des vérifications ne peut qu’au plus le retarder dans ses activités quotidiennes, mais certainement pas l’inculper de quoique ce soit. Ces vérifications n’ont pas à être exhaustives, à moins qu’il n’y ait déjà des informations préconisant à une enquête approfondie, auquel cas ces vérifications seraient déjà devenues une enquête en bonne et due forme. Il y a suffisamment de sciences dans les techniques policières au 21e siècle pour que leur fonctionnement ne soit pas laissé à de grands hasards.

Puisque la loi n’a à enquêter que là où elle a des informations tangibles et véridiques, et qui relèvent de la criminalité et non de la légalité ou encore de la moralité, c’est à se demander l’utilité que peuvent revêtir les mandats d’enquête et d’arrestation que doivent quérir les forces de l’ordre lorsqu’elles se préoccupent d’empêcher et les crimes et les criminels, et cela afin de dénicher davantage de preuves et de traduire en justice ceux à propos de qui ils ont accumulés tant de preuves. Ai-je dit plus haut que pour qu’un procès ait lieu, il faut une inculpation officielle, et pour qu’il y ait effectivement inculpation, il doit y avoir des preuves. Ce n’est donc qu’un rappel.

Qu’il y ait ou non un mandat dûment émis par un juge, cela ne change en rien qu’une personne ayant dit ou fait quelque chose l’a tout de même dite ou faite, qu’elle l’a tout de même d’abord pensée et qu’elle doit assumer sa parole ou son acte si elle l’a bel et bien fait. Le communautaire est membre de ces êtres humains responsables de leurs actions et de leurs dires. Certes, une personne peut changer d’opinion et d’avis avec le temps selon l’évolution de sa pensée, mais au moment où elle fut faite ou dite, c’est qu’une personne la faisait sienne par sa déclaration aux autres. Il en va tout autrement des criminels qui nuisent, encore, à la communauté en ne prenant pas la responsabilité de leurs dires, de leurs actes, car ils veulent se sauver des peines y étant associés lorsqu’il y a interdiction ou immoralité. En résumé, les faits ne sont nullement altérés par la présence d’un mandat ou non, et ce que n’est pas davantage le mandat qui fait les faits criminellement reprochés. Le mandat n’est qu’une contrainte de plus aux forces de l’ordre, de sorte à donner plus de temps aux criminels pour fuir les lieux de leurs crimes ou de repos où ils se cachent, tout en pouvant servir de réseau d’informations pour ces criminels qui ont réussi à corrompre une personne travaillant dans la justice et pouvant avoir accès aux mandats.

Montesquieu disait (p.393) que Les paroles qui sont jointes à une action, prennent la nature de cette action. Et c’est parce que certaines paroles peuvent être de l’ordre du délit qu’elles posent un problème à la paix et à la sécurité, et cela même si elles ne sont pas accompagnées de gestes, puisqu’elles peuvent en influencer d’autres à les commettre, en portant la semence du crime.

Alors, lorsqu’un criminel complote avec d’autres pour tuer quelqu’un, ou encore pour importer des matières, voire des drogues illégales, ces scélérats ont déjà l’intention de nuire au tissu social par de graves agissements aux fâcheuses répercussions. Il est donc de la fonction des policiers de les empêcher à agir et de les amener devant la justice par les moyens appropriés : de gré ou de force, et vivants autant que possible mais pas au prix de la vie d’un autre communautaire.

Dans la même pensée que tout ce chapitre, les criminels ont aussi à faire la preuve de l’acquisition légale et légitime des biens, notamment ceux de luxe, qu’ils ont en leur possession ; sur ces biens, ils sont présumés coupables, mais non pas encore sur leurs actes car leur procès reste à faire. Cependant, malgré l’instauration de la peine de mort, les criminels ne sauraient y être sentencés à moins qu’il ne s’agisse d’armes stratégiques, car quelle pourrait être l’utilité d’avoir une telle arme si ce n’est de s’en servir à des fins néfastes pour une collectivité –que celle-ci soit ici ou d’ailleurs, il n’en demeure pas moins que nous parlons de la vie de beaucoup de gens, d’une population, qui ont tout aussi droit de vivre que nous.

Les policiers n’ont donc nul besoin de mandat pour être légitimes dans leurs actions puisque les criminels se culpabilisent tant par leurs dires que leurs actes, tout criminel et tous criminels qu’ils sont. C’est aussi aux criminels à faire la preuve qu’ils n’avaient pas les intentions pour lesquelles les policiers ont accumulé maintes évidences et enregistrements allant servir de preuves, en plus et d’avoir procédé à l’arrestation des premiers suite à cela. La preuve prouve, mais ne fait pas, la culpabilité ; le criminel se fait coupable par ses gestes, rien de moins.

L’admissibilité de la preuve est la preuve elle-même ─non la méthode d’acquisition de celle-ci ; nous ne sommes pas dans une démarche de recherche appliquée ni fondamentale, je vous le rappelle, car il ne s’agit pas d’établir une vérité universelle comme c’est le cas pour la gravité terrestre ou encore les neutrinos.

Si un individu se commet, il y a déjà matière à poursuite, mais il y a culpabilité que dès que le crime peut être prouvé. Et prouver un crime n’est pas création de preuve(s) mais plutôt présentation de ce que les gens cachent intentionnellement, de ce que les gens ignorent, ou veulent ignorer, et cela par des preuves n’étant issues que du passé et/ou du présent de ces criminels, non de l’avenir.

Il est moins dommageable pour l’ensemble d’exposer les faits que de se refuser à les dénicher, notamment lorsqu’ils existent mais n’étant pas soumis à la loupe juridique. Le groupe ou l’individu s’adonnant à l’omission, à la falsification, à la destruction de preuves se commet et deviendra tôt ou tard criminel car il voudra toujours en faire plus pour ne pas prendre ses responsabilités en se refusant d’une manière ou d’une autre à les assumer, alors qu’il devrait faire le contraire, dès le premier moment, notamment en ce qui a trait aux policiers.

Cela me rappelle un commissaire de la GRC : le fameux destructeur de confiance que fut ce Zaccardelli. La population peut et doit avoir confiance à l’égard de sa police, mais en protégeant ses subalternes pour leurs bévues, erreurs et fausses preuves à l’égard d’un membre de la communauté, ce honteux commissaire a entaché de façon durable cette confiance, alors que de révéler ces mêmes erreurs auraient beaucoup moins nui, à long terme, au corps policier dont il était l’officier supérieur et commandant. Il a fait subir à un innocent les tortures d’un pays étranger, où, par la suite, il a poursuivi en niant être au courant des preuves de l’innocence de Maher Arar. C’est une tare indélébile que cet ancien commissaire a faite à la police canadienne. C’est l’un des crimes les plus graves que de faire perdre confiance au peuple dans ses institutions qui le servent quotidiennement ; cette confiance n’aurait pu être atteinte s’il avait agi avec intégrité, quitte à prendre le blâme maintenant, mais un plus petit, que plus tard, et un plus grand…qui a assurément été médiatisé. Peut-être que par ce seul geste, Giuliano Zaccardelli a nui davantage au Contrat Social que les enquêtes auxquelles il a participées à la résolution par son service policier d’une durée de quelques trente années. Le crime moral malmène assurément l’État, et gravement la démocratie. Et c’est d’autant plus une tare à un corps de police qui accroît le grade hiérarchique de ces policiers s’adonnant à l’atteinte de leur code déontologique. Voilà assurément une culture décadente, vouée à sa perte, mais qu’il faut certainement aider à abolir. D’autant plus que les policiers ne peuvent opérer efficacement que lorsque la population a confiance en eux, alors qu’elle collabore, ouvertement ou anonymement, en fournissant indices et preuves. Ainsi, sans la confiance, le crime œuvre encore plus facilement à devenir un cancer dans la communauté. Et sa prospérité est la déchéance du corps social, la mort de la communauté, de l’association, du Contrat Social.

De par leurs fonctions, les forces de l’ordre et du renseignement d’un État sont mandatées pour trouver des preuves, non pour les inventer ni les fabriquer, car dès qu’elles font cela, en détruisant la communauté de sa partie la plus intime et importante (la confiance), de cette partie qui est la plus présente et la plus immatérielle dans tout le corps social, ces individus-là s’exposent donc à tout le mépris et à toute la réprobation populaire qui devraient leur tomber dessus ─en institutionnalisant momentanément la torture gratuite et la peine de mort. Si ces forces de l’ordre venaient à agir ainsi, elles deviendraient illégales, immorales et inconstitutionnelles, en plus d’avoir participé elles-mêmes à leur démantèlement.

Cependant, les policiers doivent tout de même, moralement et légalement, se munir de mandats pour écouter et enquêter sur ces gens de la communauté qui n’ont rien à se reprocher et qui n’ont commis nul crime portant atteinte au corps social ou encore attirant l’attention raisonnable des policiers sur eux. Il leur faut mandat pour enquêter sur les communautaires, non sur les criminels, car enquêter sur quelqu’un qui ne prépare rien de dommageable, voilà un long moment de réflexion qu’il faut faire dans la conscience de ce juge allant signer ce mandat d’enquête, et plus la réflexion est longue, plus la signature en est éloignée.

8. Des ententes de délation avec ces criminels repentis

Looking at my life, it’s very clear to me, I lived so selfishly. I was the only one.
(Nothing really matters, Madonna)

Parfois, la justice prend entente morale avec certains criminels contre d’autres criminels, et cela dans l’espoir de résoudre certains crimes tout en aidant ces mêmes criminels à retrouver le chemin du respect de l’autre par une coopération de la justice. Celle-ci a donc à placer dans l’entourage de ces criminels délateurs des mesures pour veiller à leur protection en les isolant des autres criminels et détenus. Cependant, pour que l’entente prenne forme, cela requiert des aveux sincères et honnêtes de la part du délateur sur les crimes qu’il a commis, pour que la justice possiblement l’immunise contre les poursuites ultérieures, où celui-ci souhaite que ce soit ses complices qui feront les frais de la justice et accompliront les sentences à sa place. Nous pouvons donc affirmer sans nul doute que le désir sincère de repentance est douteux dès le départ, car fuir ses propres crimes n’est pas un mieux pour la collectivité puisque le délateur n’en prend toujours pas la responsabilité. Mais poursuivons, voulez-vous.

Pour que la justice respecte sa parole accordée, celle du criminel se doit d’être à la même hauteur, de la même qualité, de la même intégrité, de la même éthique. Dès qu’un côté manque à sa parole donnée, il rompt l’entente morale en autorisant l’autre à faire de même. Par ce qui a été démontré dans l’un des chapitres précédents, la loi des criminels est tout ce qu’il y a de plus malhonnête et dépourvue d’intégrité, et c’est probablement, certainement, la criminel qui va mentir le premier car il voudra conserver secret des informations et des événements qui n’ont pas de rapport direct avec le crime dont il se fait le délateur aujourd’hui. Et pourtant, pour que la justice protège bien le criminel, celui-ci se doit de révéler tous ses crimes, complices et autres individus du milieu criminel qu’il a fréquenté. Sans cela, la coopération ne saurait être totale.

Puisque le criminel a davantage à perdre par l’aveu de ses crimes dont la justice n’a pas encore été informée, crimes qui lui imposeraient une entente morale encore plus restrictive à son être matériel et plus compromettante encore pour ses complices, de même que ses fréquentations interlopes, il est fort judicieux à ce que la justice donne au délateur peu pour chacun de ses aveux. C’est au délateur à ce compromettre, non à la justice, car la justice le détient déjà, alors que l’autre veut retrouver sa liberté. Le compromis est donc en lien avec l’ouverture que témoignera le délateur, et plus il se confessera, plus il pourra rapidement aller vers la libération. Il n’en tient qu’à lui.

C’est pourquoi ce n’est qu’après les premières révélations, véridiques et vérifiées, du délateur que la justice peut désormais amorcer une entente de principes avec ce criminel, qui souhaite, sans l’ombre d’un doute, sauver sa peau –qui par le passé a abjuré la communauté, et l’abjure toujours. Il est fort à parier que le criminel veut réduire sa peine pour sa compromission (collaboration implique pour moi une entente non primordiale mais sincère de gré à gré, et non de nécessité), et il veut protéger sa vie des menaces et des gestes de ses anciens complices ; et il conçoit donc que c’est encore à la communauté à assumer les frais de sa protection et de ses futurs revendications. Le repentir de ces ignobles mécréants est, encore, douteux, voir incroyable, considérant leur passé nuisible et destructeur.

Par ses aveux, le délateur ne désire pas améliorer la communauté, ni participer au devenir humain. Le délateur démontre, encore une fois, l’égoïsme qui caractérise les criminels lorsqu’il exerçait en liberté ses activités de criminel ; maintenant, il a été appréhendé, jugé, sentencé et incarcéré, et c’est seulement maintenant qu’il se fait délateur –belle preuve de sincérité!

Si ces gens qui se font délateurs veulent, sincèrement, devenir membres de la communauté, à eux de donner sans rien demander en retour. Ainsi, ils auront déjà accompli la moitié du chemin vers la réinsertion par la réhabilitation, par leur volonté à s’amender, où la clef de la réussite est toujours, continuellement, et à jamais, la sincérité.

Évidemment, tous les criminels ne sont pas des idiots –peut-être même que certains liront ces lignes–, et certains vont coopérer avec la justice sans demander quoique ce soit, dans le but de la berner à les relâcher : Votre sentence reste à accomplir, leur dira-t-elle, car c’est à nous la communauté qu’elle rend justice en nous préservant de vous.

Et c’est pourquoi, ce n’est qu’après les dernières révélations du délateur, que la justice peut lui accorder le début de sa réhabilitation, pas avant.

De plus, dès que le criminel repentant brise l’entente morale, la justice a à reprendre tout ce qu’elle lui avait accordé, pour que celui-ci reprenne la peine qui lui incombait là où il l’avait laissée avant de passer à table.

Le parjure, le mensonge et le bri de parole sont sévèrement punis car, encore, ils nuisent à la communauté, considérant que c’est toujours elle qui assume les frais que la justice encoure pour l’incarcération, la punition, et en définitive la réhabilitation.

9. De ce qu’est un crime grave contre la personne

Il est impossible de supprimer la peine de mort en faveur des assassins, des parricides, des empoisonnements, tant que ceux-ci s’arrogeront, chaque jour, la licence impie d’infliger la mort à leurs innocentes victimes.
(Bonneville de Marsangny)

Avant de détailler plus amplement le type de peine de mort que j’instaure ici par le présent texte, il est pertinent de savoir à quels crimes elle peut s’appliquer et pourquoi : soit les crimes graves et les crimes majeurs.

Ces crimes sont dits néfastes car ils n’aident pas un peuple à évoluer, à s’améliorer, à progresser. Ils sont aussi dits néfastes parce que ces crimes sont sordides, affreux, crapuleux. Et l’un des meilleurs moyens de croître, de s’émanciper, c’est avec l’assurance de la paix, de la sécurité, que personne viendra, négativement, nous nuire. Et quelle plus belle assurance lorsque l’État et les autres citoyens veillent sur eux-mêmes, sur nous, soit de ne pas créer les conditions du criminel. Il faut, malencontreusement, se contenter de l’assurance que le crime grave et que le crime majeur n’auront plus le loisir d’être à nouveau, par l’institution de la peine de mort. Pourquoi faut-il se contenter malencontreusement de cet état de fait? Simplement parce que la communauté et ainsi faite, de même que les êtres humains sont aussi ainsi faits. Tous deux sont ainsi faits par l’individualisme égoïste qui les traverse de part en part, et ça c’est le capitalisme : il n’est pas politique a priori, comme la religieux, mais ses impacts et ses agirs affectent considérablement l’organisation politique des États. Je reviendrai plus loin sur le problème qu’est le capitalisme.

Pour envisager la peine de mort à titre de sentence légale, et je prends le temps de me répéter encore, mais la première condition à considérer c’est l’irréfutabilité de la preuve ; sans cela, autant ne pas la considérer du tout.

Son second critère d’éligibilité est la concordance avec ce que je vais définir comme un crime grave contre la personne et ce qu’est un crime majeur contre la communauté, contre l’État, voire contre l’humanité.

Le troisième critère pour appliquer ou non cette peine est variable en ce sens où il dépend des connaissances que possède une civilisation pour guérir et réhabiliter les criminels, de la volonté (ou de son absence) sincère de ces derniers à s’amender de leurs crimes, et aussi lorsque les crimes sont ignobles, affreux et dommageables à la moralité humaine dans son ensemble, où il ne sert à rien de souhaiter la réhabilitation ni de tenter la dite réinsertion sociale car certainement que les êtres humains préféreraient vivre dans la tristesse d’une vie en moins plutôt que de la laisser en vie –mais en prison perpétuelle– un tel meurtrier. Il va de soi que la capacité à créer des criminels dépend et varie d’une civilisation à une autre, soit de cette éducation générale commune à tous les membres d’une communauté, sans aucun égard ni considération des revenus d’une personne, de sa classe sociale et d’autres facteurs limitant ou empêchant l’accès aux connaissances, à la sagesse, à l’éducation, à une culture générale de bienséance ainsi qu’aux valeurs positives plaçant les humaines en harmonie avec les autres, et leur environnement. Sans cela, la peine de mort sera toujours légitime à être instituée ; et ce n’est pas le propos de ce présent texte (la peine de mort est envisagée nécessaire à ce moment-ci de l’humanité, telle qu’elle se définit dans et par le capitalisme).

Il est de plus en plus courant aujourd’hui que le masculin inclut le féminin, et ici, en plus, le singulier comprendra autant le pluriel.

Qu’est-ce qu’un crime grave contre la personne? Il s’agit de tout crime perpétré par un individu contre une personne ─donc sans son consentement─ avec l’intention de lui faire de permanentes séquelles ou encore de lui enlever la vie, qui plus est sans autorisation légale ; que cette personne provienne de la communauté ou du milieu criminel n’a aucune importance. Que l’acte soit accompli, réussi ou qu’il soit encore bafoué de l’échec ou interrompu par la police ou l’action citoyenne, il est pertinent de poser la volonté et l’intention de cet individu comme criminelles. Le meurtre et les séquelles permanentes peuvent être provoquées de différentes façons : la planification, la préméditation, vouloir la mort de quelqu’un, avoir commandé le meurtre ou encore l’avoir orchestré, soit par un geste direct, soit par l’agencement d’objets ayant pour fin ce même résultat. D’ailleurs, à titre informatif, le meurtre a cette définition d’être un homicide commis volontairement (soit sans y avoir été forcé) –ce qui est différent du ‘’meurtre’’ au deuxième degré, soit de la mort causée involontairement, par accident–, alors que l’assassinat est ce meurtre qui est cependant prémédité (soit d’avoir été préparé à l’avance). De ces actes, il n’y a pas de doute sur la criminalité et de l’intentionnalité ; il ne reste qu’à le prouver et qu’à établir le niveau d’implication du criminel dans son crime, et cela est le propre de la justice criminelle à établir la préméditation des actes de chacun.

J’ouvre une parenthèse en disant que l’euthanasie, le suicide (assisté) et l’acharnement thérapeutique n’y figurent évidemment pas car ce sont des sujets à réflexion n’étant pas liés à une visée criminelle mais plutôt à des conditions sociales spécifiquement modernes, qui cependant attendront aussi longtemps que nos politiciens refuseront d’en parler publiquement. Ces façons-ci de mourir ne sont pas criminelles car elles se soucient du bien-être d’une personne, plutôt que de vouloir lui nuire ─ce qui est le propre des actes criminels.

Voici donc ces types de criminels commettant de graves crimes contre la personne : les assassins de groupes criminels (organisés ou non), les tueurs en série, les psychopathes, les violeurs, les abuseurs d’enfants, les pédophiles et les meurtriers.

Jusqu’ici, vous vous êtes rendus comptes que je n’avais pas peur des mots ni d’en faire usage, et c’est pourquoi que voici, à titre d’exemples, des individus qui auraient été passibles ─pas nécessairement sentencés─ de la peine de mort telle qu’elle est présentement définie si elle avait été en vigueur au moment de leurs crimes graves : Frédéric Dompierre (pour la sauvagerie de ses agressions car il n’y a aucune éducation qui puisse justifier ses horribles actes, en plus de son manque de remords) ; Kurt Lauder (pour le meurtre Shanna Poissant) ; André Courtemanche (qui a abusé sexuellement 6 enfants sur une période de 30 ans) ; Guy Cloutier (pour avoir violé des enfants, en plus d’avoir voulu acheter le silence de l’un d’eux ─c’est démontrer son désir de ne pas se repentir) ; Agostino Ferrera ; Paul Bernardo (pour l’ampleur de ses crimes) ; Karla Homolka (pour sa complicité avec Bernardo, mais cela avant l’entente avec l’État) ; Marcel Talon ; le Hell’s Angels Serge Quesnel (pour ses meurtres) ; et aussi Maurice Boucher (nulle explication nécessaire) ; Mario Bastien ; Hugo Bernier ; Donald Côté ; Patrick Hénault ; Peter Paradis ; Sylvain Beaudry ; Marcel Blanchette. Aucun d’eux n’a eu de remords, n’a exprimé une sincère repentance, de volonté à s’amender ; l’irrécupérabilité égale la peine de mort.

Que dire de ces gens, policiers, juges et douaniers par exemples, qui connaissent de l’intérieur le système, le fonctionnement de l’État, et en abusent, avec ou sans une double vie de criminel? Ne font-ils pas de plus graves torts, car cette fois ils détruisent assurément la confiance du peuple à l’égard de l’État, plutôt que de simplement ─ce qui est, tout de même, déjà trop─ la miner comme le font habituellement les criminels. Il s’agit-là d’un comportement tout à fait anti-social qu’est celui qu’ils témoignent à la communauté, d’autant plus qu’ils connaissent la loi et sont mandatés en son nom pour agir auprès de notre bien. C’est une attaque avouée contre le corps social. La situation est tout aussi pire lorsque des policiers font de fausses preuves et de faux témoignages ; ils viennent d’effacer toutes leurs années de loyaux services. Ils sont à juger comme s’il y avait un précédent à leur dossier criminel et ont à se voir accorder des sentences beaucoup plus sévères, voire exemplaires, et cela sans aucun appel possible.

9.1. De l’horreur

À cela se rajoute évidemment les gens qui battent à mort d’autres personnes ; ces gens qui n’ont aucun remords suite à leurs actes répréhensibles ; ou encore ces gens qui récidivent perpétuellement ─par exemple, dans les cas de facultés affaiblies quoique cela n’excuse rien─ mais qui tuent ou blessent gravement, ou détruisent beaucoup de biens matériels.

Qu’en est-il de ces parents qui placent leur enfant dans une sécheuse? Je prends cet exemple car, malheureusement, il est survenu dans la société québécoise peu après l’année 2000. Que l’enfant pleure, souffre ou qu’il ait simplement faim, une telle action sur lui telle que posée ne peut être que contre lui car elle n’aura aucun effet positif sur sa conduite ; elle ne fera, au contraire, que l’aggraver. Vous me direz qu’être parent est exigeant, demandant et accaparant, et qu’en plus cela ne s’apprend pas ni ne s’enseigne, certes. Et moi de vous répliquer qu’il n’est pas nécessaire d’une éducation ni d’une formation professionnelle en parentologie ou parentalité, encore moins en sociologie, pour savoir que c’est terriblement, affreusement et sadiquement mal que de mettre son propre enfant, tout enfant d’ailleurs, dans une sécheuse et de l’activer. Cela n’a strictement aucune valeur éducationnelle, absolument aucune, sans parler que cela ne peut servir, par l’exemple, à enseigner à quelqu’un. Les manques d’un enseignement, ou son absence, ne peuvent mener à une telle conduite. Dans ces jeunes âges où la raison ni même l’intelligence n’ont pas encore fait leur émergence dans la conscience humaine d’un enfant, de telles punitions s’avèrent d’ailleurs tout à fait inutiles à l’égard un être humain ; alors que penser de ces gens qui lui font subir de tels supplices? C’est criminel, rien de moins, que de placer un être humain dans une sécheuse.

Il existe des programmes sociaux qui aident les parents au prise avec une détresse psychologique alors qu’ils éprouvent des difficultés dans l’éducation de leurs enfants. Certes, les parents peuvent apprendre à contrôler leurs frustrations et leur agressivité, apprendre à dialoguer et adopter des attitudes positives, et apprendre à user de la punition avec dosage et modération, mais faire preuve d’une telle gravité de punition à l’égard de leur propre chair, de toute chair, est une démesure sans commune mesure de raison. Même dans la colère, aucun humain ne peut faire cela à sa descendance, c’est insensé! Ces gens ne méritent assurément pas le désignatif de parents. Et ce n’est pas une éducation sagement prodiguée aux parents qui leur fera comprendre cela. Que penser s’il y de l’aide disponible, mais qu’ils n’en tirent pas un quelconque bénéfice, pour leurs enfants comme pour eux. L’aide est là ; il faut s’en saisir.

En fait, ces parents échoués –bien plus échoués à titre d’humains que de parents– ne sont capables que de terribles cruautés, et il est donc du devoir de l’État à ce que ces horreurs ne se répètent pas…car la prison à vie ne corrigera jamais la conscience de ces gens capables de tels actes insensés. Il reste à les prendre par la main, pour les conduire, eux, à la mort, alors que de l’autre main, il faut assurément soigner cet enfant meurtri par les meilleures attentions et techniques qui soient.

Je vais clore ce chapitre en poursuivant sur l’âge de raison où l’enfant devient adulte. L’âge de la responsabilité criminelle se doit d’être le même âge que celui différenciant le mineur de l’adulte. Rabaisser l’âge de la responsabilité, qu’elle soit criminelle (pour les crimes des adultes) ou encore civique (le droit de vote, la conduite d’un véhicule motorisé, le travail et l’imposition sur le salaire), c’est accorder plus de responsabilités à un être qui n’a pas encore la conscience de ses actes et n’étant d’ailleurs qu’adolescent. Il n’est pas nécessaire ni utile à la communauté que les enfants deviennent trop tôt des adultes, encore moins à être jugés comme tel. La majorité ne saurait être rabaissée en-deçà de 18 ans ; d’ailleurs, la transition vers la majorité mentale, vers la majorité morale, ne s’effectue pas du jour au lendemain. Chaque époque d’une vie se doit d’être vécue pour ce qu’elle est, et chacun doit servir à préparer la suivante. Par contre, si les enfants deviennent trop rapidement des adultes, ils n’auront pas mûri adéquatement et auront certainement des ratées pour le reste de leur adolescence, en tant que futurs adultes et en tant que futurs et éventuelles parents ; ce qui serait créer davantage de torts que de bonheur à eux-mêmes comme à nous toutes. Le criminel est donc l’adulte responsable de ses actes condamnables alors que le délinquant est ce mineur fautif des lacunes sociales. Méprendre l’un pour l’autre, voilà une erreur impardonnable que la justice n’a certes pas à commettre, et dont elle se garde bien de commettre, à juste titre. Cependant, certains criminels mineurs sont tout à fait conscient de ce qu’ils font, et sont à cet effet des adultes bien avant leur âge physiologique, et c’est pourquoi ils sont punir comme des adultes.

10. De ce qu’est un crime majeur

10. De ce qu’est un crime majeur contre la communauté et l’État, voire l’humanité

L’efficacité des peines est ou matérielle ou morale, ou matérielle et morale tout ensemble. Elle est matérielle par l’impuissance où elle réduit le coupable, morale par l’exemple que donne son châtiment.
(François Guizot, p.101)

Le crime majeur –qui se soucie de gravité et non d’un âge quelconque– se distingue du précédent, en plus de ce que celui-là comportait, en ce qu’il a pour résultante de miner ou de détruire la confiance que possède les communautaires à l’égard de leurs institutions civiles, militaires, étatiques, internationales et/ou de la civilisation humaine dans son ensemble. Dans le cas de ces crimes majeurs, la préméditation est presque assurée, voire quasi impossible à ne pas être. Il s’agit donc d’une gravité extrême portant atteinte, directement, au genre humain.

Voici donc ces types de criminels commettant des crimes majeurs contre la collectivité : les trafiquants d’armes (que celles-ci soient légères, moyennes, lourdes, anti-personnelles, nucléaires, bactériologiques, biologiques et/ou à destruction massive, bref stratégiques) ; les trafiquants et les concepteurs de drogues (l’importation massive de drogue n’est-elle pas un empoisonnement collectif sciemment préparé?) ; les terroristes (à ne pas confondre avec des combattants pour la liberté car le premier utilise la peur pour parvenir à ses fins, en plus de la bombe humaine et de l’exportation des conflits chez les autres, alors que le second combattent pour la liberté de leur pays oppressé) ; toute personne finançant le terrorisme ; ces quelques gens bien positionnés dans la fonction publique détournant à leurs profits les deniers publics (tel un certain fonctionnaire responsable des commandites dans l’administration canadienne sous Jean Chrétien) ; tous ces gens bien positionnés dans l’entreprise privée détournant à leur profit les avoirs des investisseurs et des employés (tels les courtiers privés, les gens fraudant les marchés financiers, les conseils d’administration véreux et les voleurs de banques) ; les trafiquants d’humains (car là assurément ces gens qui font dans le trafic d’humains et d’organes humains ne se soucient pas de la vie des autres) ; les exploiteurs sexuels ; les groupes criminels organisés (profitant et proliférant d’une façon ou d’une autre par les armes et les drogues illégales, et ce sur les faiblesses humaines) ; les blanchisseurs d’argent (qui ne sont pas des nettoyeurs mal organisés et s’étant trompés de panier de linges sales) ; les génocidaires ; les ethnophobistes ; les voleurs d’identité ; les militaires commettant des crimes à l’encontre de populations qu’ils sont mandatés pour libérer, protéger et défendre contre de telles atrocités ; l’espionnage ; la trahison ; le sabotage ; le faux monnayage ; la baraterie, la piraterie, tant aériennes, maritimes que terrestres ; les gens inoculant de façon intentionnelle des maladies mortelles, telle le sida et la tuberculose.

Cependant, la présente liste doit s’arrêter quelque part, et où ce quelque part est ici, car cette liste ne saurait épuiser la quantité d’horreurs dont peuvent être capables certains humains, indignes d’être de cette espèce, mais ce n’est ici qu’un désignatif, soyons-en conscients. C’est pourquoi cette liste sera certainement rattrapée par l’imaginaire des criminels, bien avant que je n’épuise l’énoncé de la réalité entourant cet écrit.

Et voici aussi, à titre d’exemples, des individus qui auraient été passibles ─presqu’assurément sentencés─ de la peine de mort telle que ci-présentement définie si elle avait été en vigueur au moment de leurs crimes majeurs : Adolf Hitler ; Augusto Pinochet ; Saddam Hussein ; Staline ; Pol Pot et compagnie (ces individus sont tout simplement irrécupérables par leurs crimes, si tant ils vivaient encore) ; Heinz Barth (responsable du massacre des français vivants à Oradour-sur-Glane, décédé de mort naturelle en août 2007) ; Oussama bin Laden ; les Hell’s Angels dans l’ensemble qu’ils forment (pour la quantité de drogues écoulées, le trafic humain lié à la prostitution et le proxénétisme) ; les mafieux (pour les mêmes raisons) ; Robert Pickton ; Charles Guitté, Jean Brault, Claude Boulay, Jean Lafleur et les Jean Pelletier du scandale des Commandites ; Vincent Lacroix ; le meurtrier de plusieurs étudiantes à la Polytechnique : George W. Bush (pour avoir commander de fausses preuves d’armes nucléaires, invitant les citoyens et soldats états-uniens à envahir l’Irak et déstabiliser tout le Moyen-Orient par tous des conflits de religions qui étaient pourtant maintenus dans la paix par ces tyrans pourtant nécessaires ; pour avoir laissé faire les terroristes lors du 11 septembre 2001 alors que lui et les agences d’État avaient des preuves de leur actions à venir ; pour les mensonges qu’il a professé tout au long de ses deux mandats de président des États-Unis ; pour ne pas avoir agit de façon responsable quant aux inondations en Louisiane, tant avant, pendant qu’après, car une discrimination raciale a systématiquement été effectué pour ne pas venir en aide à des gens dont la peau était noire).

Voici un exemple flagrant : le GHB, ou drogue du viol. L’usage, voire que la conception de cette substance, relève d’un humanisme dont je suis incapable d’en saisir la portée bénéfique ; sarcasme, il va sans dire. Les pauvres petits incompris, comme disait Gilles Proulx. Cela va de soi que nous, les respectueux des lois, ne comprenons pas pourquoi il faudrait accorder à ces criminels des sentences faibles. Au GHB, il faut l’exemplarité. Comment penser que la conception et l’usage d’une telle drogue puisse ne pas relever de l’intention, de la préméditation. La personne niant cela est aussi coupable que les deux précédentes : celle l’ayant fabriquée et celle l’ayant utilisée pour violer. Que trois mots, empreints de vérité : Coupables, coupables, irrécupérables.

Quelqu’un qui commet ces sortes d’atrocités contre le genre humain n’a rien compris à la vie et n’éprouve aucun sentiment positif, altruiste, à l’égard de ses semblables ; il n’est là que pour ses propres intérêts personnels. Aucune justice, aucune réhabilitation et aucune vengeance ne placeront sur le chemin social un individu pensant et agissant de la sorte ; cependant, il prouve de facto par ses gestes qu’il n’est pas réhabilitable.

Une peine perpétuelle n’est pas davantage applicable que l’amende ou le bannissement car, s’il y avait un espoir d’amélioration que le criminel redevienne civil, ou citoyen, celui-ci aurait trouvé la force en lui pour ne pas commettre ses crimes, de ne pas s’adonner à l’envers de la loi, mais surtout de ne pas se donner à l’envers de la vie et du genre humain, puisqu’il aurait compris à l’avance que ses actes sont répréhensibles, tant moralement, philosophiquement que d’un point de vue éthique, et cela avant même que le juridique ne se manifeste.

Ce n’est plus tant d’être pour ou contre la peine de mort qui fait débat aujourd’hui, mais certainement pour quelles raisons une personne adopte cette position et la revendique publiquement.

10.1 Des crimes financiers. Des crimes économiques

You are not your bank account. You are not the clothes you wear. You are not the contents of your wallet. You are not the car your drive.
(This is your life, featuring Tyler Durden, Fight Club)

Prenons l’exemple le plus frappant à ce temps-ci d’écriture : Charles Guitté. Haut fonctionnaire devenu célèbre avec le scandale des Commandites. Certes, nous convenons que ce n’est pas un révolutionnaire ; son crime n’est pas de cet ordre du politique, où dans les faits il atteint la moralité et l’éthique puisque son crime ne visait pas à rétablir une prétendue justice pouvant avoir disparue suite aux commandites établies par Jean Chrétien. Il a abusé de ses fonctions pour nuire au gouvernement par l’usage privé de fonds publics. Pendant au moins cinq années, il a perpétré ses crimes. Peut-être, peut-être, que la première journée il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait, des implications que ses gestes avaient, peut-être, peut-être. Mais, par la suite, c’est tout de même pendant, minimalement, 1824 journées qu’il s’est commis et qu’il a abusé. Où se situait sa morale, sa conscience civique et citoyenne? Que quelqu’un ose venir me faire croire cela! Charles Guitté n’a servi que ses intérêts et ceux de qui il se voulait être l’ami, le serviteur. Si au moins son crime avait été politique, il ne mériterait pas la peine de mort, si au moins! Assurément, il ne peut être seul à avoir commis un tel crime ; que personne ne s’en soit rendu compte, dans le politique, pendant tant d’années, j’en doute. Ou bien la machine étatique est trop grosse ─auquel cas il faut assurément la démantibuler car les compétences ne sont pas suffisantes pour en assurer une saine et scrupuleuse gestion─, ou elle recevait des ordres et consignes du politique financier (Paul Martin) ou encore du politique à la tête de l’État de l’époque (Jean Chrétien). Alors?

Prenons un autre exemple. Malgré les événements survenus depuis son inculpation –car sa cause n’est pas complètement entendue au moment d’écrire ces lignes–, Vincent Lacroix (Norbourg) continue de plaider son innocence alors que des preuves supplémentaires et incriminentes ne font qu’être découvertes plus l’enquête avance. Il se parjure, il ment, et nous nous ne devrions pas le punir pour les crimes supplémentaires qu’il commet pour sauver sa vie et se sauver des accusations? Il s’enfonce lui-même. Le fardeau de la preuve s’agrandit, et personne ne pourra dire que l’Accusation (la Couronne dans votre langage) n’a pas bien fait son travail, convenablement, pour une fois. Les preuves que l’Accusation a trouvées ne font que démontrer la culpabilité inavouée, et sans cesse reportée par ces mesures dilatoires. Et si ce n’état pas lui qui a commis ces crimes économiques, pourquoi ne dénoncerait-il pas alors ceux qui ont commis ces fraudes, même s’il n’était pas leur complice? Pourquoi refuser de nommer ceux qui l’ont discrédité? Ne connaît-il pas le fonctionnement de son système de courtage, ni son entreprise, qu’il a lui conçus? Est-il complice d’un crime encore plus grave? Parfois, l’aveu cache quelque chose…mais ce n’est pas de cela dont il est question ici. Si compliceS il y avait, l’Accusation dénicherait des preuves menant dans une autre direction, mais ce n’est pas plus le cas. Alors?

De plus, le niveau d’éducation moyen étant plus élevé chez les financiers que ceux-ci ne peuvent pas ne pas savoir que voler –cet acte de prendre sans consentement– est amoral, contre l’éthique de leur profession et destructeur de la confiance que les gens, en plus de leur argent, ont placé dans leurs entreprises privées. Ces financiers savaient délibérément ce qu’ils faisaient, pour qui ils le faisaient (eux) et contre qui (nous, les épargnants et futurs retraités).

Il n’y a aucune réhabilitation qui puisse faire comprendre à ces gens la gravité de leurs gestes répréhensibles alors qu’ils ont compromis la retraite des gens ayant économisés durant toutes leurs années de travail. Saisir les biens et actifs personnels de Lacroix et de ces autres crapules n’est que la moindre des formalités, et cela aux bénéfices de ses victimes, où l’État n’a pas à en saisir un sous avant que tous les épargnants n’aient retrouvé la valeur des pertes encourues, et cela sans imposition sur le gain en capital qui pourrait s’avérer ─tout simplement parce que l’État a failli à son obligation morale de protection du vivre-ensemble ; à moins que nous disions que l’État n’est que le moyen de la bourgeoisie pour préserver ses capitaux, ne pas procéder à la redistribution des richesses, tout en perpétuant l’exploitation des travailleurs. Si c’est cela que nous disons, alors ce chapitre vient de se voir multiplier de maintes fois.

Certes, il faut permettre aux entreprises privées de se positionner moralement dans la communauté, mais à n’en se fier qu’à leur (prétendue) bonne volonté –et non du tout liée à leur image publique–, sans aucune sécurité étatique, voilà une bien néfaste perception qui s’avère déjà, en ce début de 21e siècle, très révélatrice des années à venir au sein d’un capitalisme qui, de plus en plus, cherche à réduire le plus possible ses propres frais d‘exploitation, les frais fixes, les salaires des travailleurs, ainsi que la qualité des biens produits pour qu’ils soient rachetés plus fréquemment.

Et une mesure de sécurité, financière ou autre, d’ailleurs toute mesure de sécurité, encoure des frais, et limite donc les profits de ces mêmes entreprises privées. Voilà une réalité du capitalisme qui n’est pas à nier. La lutte et la quête des profits toujours plus grands et grandioses amènent inévitablement la perte de ce qu’est l’éthique, de ce qui en découle, soit la sécurité. Le capitalisme aliène autant les ressources, les travailleurs que les employeurs, car il force ceux-ci à placer l’argent au-dessus de toute considération, morale, sociale, environnementale, nationale, voire même de l’espèce humaine. L’argent est une tare au genre humain, rien de moins.

C’est un grave crime contre l’humanité que ce que la libéralisation des valeurs humaines et des marchés économiques professe, notamment lorsqu’elle dit que la peine de mort doit être abolie alors que cette même libéralisation économique crée elle-même les conditions de telles atrocités contre l’humanité, en engendrant la misère humaine et en faisant s’élever de l’ignorance un tyran encore plus ignorant et qui en impose, et s’impose, à tous. Le capitalisme et l’économie marchande doivent être considérés comme les pires crimes contre l’humanité car, d’eux, sont issus maints autres. Comment une nation, un peuple, une communauté, peut-elle s’élever dans la dignité alors qu’elle n’est maintenue que dans l’ignorance par l’absence d’économie pouvant se développer, alors que les lieux d’éducation et d’enseignement sons sous financés, privatisés, réservés aux riches? C’est d’ailleurs, sans s’y restreindre, ce qui se produit en Afrique, en ce moment même, alors que la pauvreté et l’ignorance portent au pouvoir des génocidaires et ethnicistes qui ne savent que tuer et mettre à mort des gens si peu différents d’eux. Qu’arrive-t-il aux nations voulant s’ouvrir aux richesses du monde? Elles doivent embrasser le libre-échange, ce même libre-échange qui fait sans cesse reculer les conditions d’existence des populations de ces mêmes États. La majorité des effets de la mondialisation économique sont néfastes. La vie coûte toujours de plus en plus chère, et il en va de même pour les mesures de sécurité, dont le sens est davantage large que restrictif.

Les progrès techniques et commerciaux n’ont pas fait ni n’ont apporté un meilleur humain ; ils n’ont que concrétisé l’eugénisme et l’homo economicus. Il est plus que temps de se poser la question qui pourrait le faire : Est-ce que le capitalisme peut concevoir un meilleur humain, une meilleure humanité, et si non quel est ce régime politico-économique qui le pourrait? Bien d’autres régimes ont été essayés mais ils n’ont pas réussi parce que le capitalisme ne les a pas laissé essayés sur leurs propres bases puisque le capitalisme les attaquait sans cesse et sans relâche pour qu’ils adoptent, de force au besoin, les valeurs et le modèle (néo)libéral. Le capitalisme les laissera-t-il à nouveau essayer sans leur nuire? J’en doute car le libéralisme économique se veut hégémonique dans tous les domaines (culture, éducation, gestion, système de santé, etc.), pour n’avoir aucun compétiteur, donc être monopolistique, ou si vous préférez, totalitaire dans le sens le plus pervers qui soit.

10.2 Du terrorisme et des horreurs

And I don’t need your civil war. It feeds the rich while it buries the poor.
(Civil war, Guns N’ Roses)

Un terroriste ne peut pas être confondu avec un révolutionnaire, un combattant pour la liberté et encore moins avec un résistant à une autorité illégitime, autoritaire, conquérante, coloniale, impérialiste. Le terrorisme, outre la terreur voulant être causée, consiste à aller attaquer une personne morale (tels un pays, une communauté ou un système) ─et non pas une seule personne─, sur son propre territoire et en y commettant des actes de violence sordides et injustes (prises d’otage, attentats à la bombe, rançonnage, etc.). Le combattant pour la liberté ne fait ni cela ni ne va à l’étranger pour libérer son pays en ralliant la population du gouvernement l’agressant à celui-ci contre celui-là même tentant de s’en libérer. Le terrorisme n’engendre que le terrorisme ; il crée un cycle perpétuel de terreurs et de violences. Le terrorisme ne recherche en rien la liberté des opprimés ni la paix pour eux ; les maintenir dans leurs conditions misérables est son credo car c’est de là qu’il puise sa source inépuisable de bombes humaines : l’ignorance. De l’ignorance, il maintient dans la servilité par l’endoctrinement. Les revendications déclarées que le terrorisme professe publiquement n’ont pour but que de renforcir le mouvement terroriste ; jamais il ne veut ni ne souhaite de compromis ; son seul compromis n’est même pas la mort de l’autre. Le terrorisme est là pour la terreur, pour créer la peur, pour semer le doute, pour détruire l’Autre (civilisation). Le terrorisme n’est pas un acte politique ; c’est une sauvage agression de lâcheté. Par sa violence inouïe, le terroriste ne mérite même pas d’être sous la protection de la Convention de Genève car là au moins il est question de guerre et du droit des prisonniers ayant combattu pour leur pays. Le terrorisme n’est pas un pays ; c’est une arme de destruction interne autant qu’externe d’une civilisation, d’une mentalité.

Quant à la résistance, elle s’accomplit sur le territoire de l’opprimé. Ainsi l’on peut qualifier les attaques du 11 septembre comme un terrorisme évident. Quant aux attaques à la bombe et à la voiture piégée, au cours des années 2004 à 2007 en Irak, il ne s’agit pas de la résistance irakienne face à la démocratie, mais de terroristes venus de l’étranger qui ont pour dessein de semer le doute dans la population libérée de Saddam Hussein, car ils ne veulent pas que l’Irak se démocratise ni que ce pays se libère. En Irak, il est désormais facile de s’en prendre aux USA maintenant qu’ils ne sont plus protégés par le sol nord-américain et ses défenses diverses. Certes et après tout cela dit à propos de l’Irak, même la démocratie n’a pas à être imposée à quiconque…

Que dire de ces ignobles humains, responsables des pires atrocités criminelles contre toute l’humanité : les Khmers Rouges (Oui, oui, les nazis, mais eux ont été trop souvent médiatisés pour que nous ne les connaissions pas). Ce n’est qu’en 2006 que le procès des hauts dirigeants totalitaires des Khmers a été institué ; une véritable farce mondiale! Et la justice à les juger est trop affairée à les laisser mourir de vieillesse plutôt que de les sentencer comme il se doit ─ce qu’elle aurait déjà dû faire il y a plus de trente années, car les preuves y étaient dans les années 1970─, mais aussi son manque de volonté à agir est malencontreusement volontaire. Les criminels de l’humanité devraient être protégés pour ne mourir que d’âge? Non, et non, et terriblement non. Nous, les respectueux des lois et les simples vies durement menées, nous devrions ne mourir qu’après une longue vie, non eux, ces ignobles criminels.

Lorsque la justice se rendra tôt compte des crimes qui sont commis à notre encontre, qu’elle en prendra acte et posera ses propres actions pour les punir, l’humanité se portera mieux et nous n’aurons plus besoin de réclamer et de vouloir appliquer la peine de mort. Mais celle-ci est nécessaire à ce moment-ci car les (quelques) crimes commis sont graves, affreux, horribles et avec maintes répercussions dans nos existence de collectivité et d’humains.

Pour que la peine de mort ne devienne pas une réalité, il faudrait que la justice soit préventive et efficace, ou efficacement préventive ─ce qu’elle n’est évidemment pas─, et que les programmes sociaux accomplissent de complètes réhabilitations et réinsertions autant sociales que civiques ─et ces programmes, eux aussi, ne le garantissent d’ailleurs pas.

Alors nous réclamons la peine de mort à titre de nécessité, à la défaveur des criminels, pour nous garantir le respect de nos existences à toutes et tous.